6 choses que j’ai apprises en 6 mois en France

J’ai passé 6 mois en France en tant qu’étudiante internationale et voilà ce que j’ai appris :

1. On n’est jamais content !

Ce n’est pas de ma faute ! C’est mon premier souvenir de la France : les fameuses manifs ! C’est que je suis arrivée en France pendant les manifestations (et oui, ça ne vous dit rien parce qu’il y en a tout le temps, je sais, je sais…)

Bien sûr, cela ne m’a pas empêchée de bien profiter de mon séjour, mais voir ton train supprimé, l’autobus qui n’arrive jamais, ce n’est pas vraiment ce à quoi tu t’attends lorsque tu mets tes pieds dans un pays étranger.

Dans mon pays, la Macédoine (pas la salade), on ne manifeste presque jamais. Et ce n’est pas qu’on n’ait pas de raisons pour manifester. Bien le contraire. Pourtant, il semble qu’on est habitués à se poser la question : « À quoi bon ? », sachant qu’on n’arrive pas à changer grand-chose.

Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien, ce sont les paroles d’une chanson française que j’aime bien, alors que la réalité en France me paraît tout à fait différente. On va jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’on n’obtienne ce qu’on veut. J’avoue que j’admire cette mentalité et j’aurais aimé que mon peuple ait ce courage. Sinon, ce serait sans doute l’une des choses que j’importerais de la France. Ça vaut absolument le coup de sortir de sa zone de confort et de lutter pour un monde meilleur.

2. La politesse, toujours !

Même quand tu es fâché, même quand tu es mécontent, les 3 mots-clés de toute conversation en France sont indispensables : bonjour, merci, au revoir. Ce sont les mots que, même si tu es étranger en France et que tu ne parles pas français, tu dois connaître par cœur. Quand on parle de civisme en France, on pense souvent à Paris et aux fameux clichés sur les Parisiens pressés qui détestent tout le monde. Heureusement, même si cela peut être vrai jusqu’à un certain point (ce n’est pas moi, c’est Montesquieu qui le disait dans ses Lettres Persanes !), la France n’est pas que Paris. Il est vrai que plus la ville est petite, plus les gens se connaissent et sont proches les uns des autres. Le savoir-vivre français est l’une des choses qui m’a marquée énormément.

sans le “s” !

3. La magie du J’en ai rien à f*****

D’où vient la liberté d’expression en France ? Peut-être vient-elle du simple fait qu’on s’en fout… on s’en fout de ce que tu dis, on s’en fout de comment tu parles, de comment tu t’habilles. On s’en fout si tu marches nu dans la rue ou en burqa (évidemment il y a des exceptions, mais qu’est-ce qu’on s’en fout !).

4. L’art, c’est important quand même !

Lors de mon premier jour à l’université, l’un des coordinateurs a réuni tous les étudiants Erasmus et nous a fait visiter le campus. La première chose dont je me souviens est une pyramide. Une grande pyramide en plein cœur du campus. Nous, les étudiants Erasmus « fraîchement débarqués » en France et venant des quatre coins du monde, nous sommes tous demandés « À quoi ça sert ? ». Une fille asiatique a osé poser la question et le coordinateur, après avoir fait une courte pause pour réfléchir, a dit :

« Ça ne sert à rien. C’est une œuvre artistique. ».

Après un certain temps en France tu comprends que les choses ne doivent pas forcément « servir à quelque chose », et tout ce qui « ne sert à rien », c’est de l’art. C’est tout ce qui m’a fallu pour finalement comprendre Théophile Gautier :

« À quoi bon la musique ? À quoi bon la peinture ? Qui aurait la folie de préférer Mozart à M. Carrel et Michel-Ange à l’inventeur de la moutarde blanche ? Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid. […] Je préfère à certain vase qui me sert un vase chinois, semé de dragons et de mandarins, qui ne me sert pas du tout  ».

5. Faut faire une pause, hein !

Le repos, c’est la santé. La pause en France peut durer plus de deux heures. À 12 heures pile tout est fermé. La ville est morte. Les horaires de travail qui sont affichés sur Internet ou sur la porte de certains restaurants ne sont pas toujours respectés. Les horaires de fermeture sont par contre toujours respectés ! Bien sûr qu’il ne faut pas généraliser, mais il m’est arrivé plusieurs fois de souffrir pour être arrivée trop tard au magasin, à la banque, à la bibliothèque… et encore une fois, c’est absolument de ma faute !

6. Il n’y a qu’un seul art qui sert vraiment à quelque chose : celui de choisir le bon vin

Que vous soyez d’accord ou non, le vin joue un rôle important dans la culture française. (On m’a dit que) le bordelais est le meilleur ! Le choix de vin est exceptionnel partout, mais une chose est sûre: une vie ne suffit pas pour goûter tous les vins produits en France. Avant, je n’appréciais pas le vin autant que j’ai appris à l’apprécier en France. Comme disait mon cher Erasme, le vin est la caverne de l’âme.

Enfin, tout ce que je viens de dire n’est que mon vécu personnel et ma propre impression de la France. Je sais que l’expérience qu’on peut avoir dans un pays peut varier selon la région, le temps, les gens autour de nous…bref, plein de facteurs peuvent influencer notre appréciation générale et les souvenirs qu’on gardera toujours. Finalement, je n’ai que de bons souvenirs de la France et je ne regrette pas un seul des moments que j’y ai passés. Une expérience à renouveler !

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